Society, environment and sanitary conditions in the Late Neolithic. The human groups of hypogees I and II of Mont-Aimé (Val-des-Marais, Marne) - Archive ouverte HAL Access content directly
Theses Year : 2020

Society, environment and sanitary conditions in the Late Neolithic. The human groups of hypogees I and II of Mont-Aimé (Val-des-Marais, Marne)

Société, environnement et état sanitaire au Néolithique récent. Les groupes humains des hypogées I et II du Mont-Aimé (Val-des-Marais, Marne)

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Abstract

The Neolithic period ushered in a change in the way human populations lived and subsisted, marked by a major social, economic, demographic and epidemiological transition. This essay focuses on the cultural identity and health status of human groups engaged for nearly two millennia in the process of Neolithisation in Western Europe, at a time when, among other changes, the use of collective burials was massively imposed. In France, on the eastern margin of the Parisian Basin, the group of some 150 hypogea of the Marne, to which the tombs of Mont-Aimé belong, illustrates this phenomenon perfectly. Hypogeums I and II of Mont-Aimé (Val-des-Marais, Marne) represent the oldest manifestations of this funerary genre in the Paris Basin, where collective burials experienced a considerable boom during the Late Neolithic (3500-2900 cal BC). The antiquity of the two tombs dates back to the second quarter of the 4th millennium BC, which marks the transition between the end of the Middle Neolithic and the beginning of the Late Neolithic in North Central France. The use of the tombs may have continued until the beginning of the 3rd millennium. Each hypogeum contained the remains of around 60 individuals. The recruitment of each of the tombs at Mont-Aimé, which differed in the age and sex composition of the groups buried, may have been partly (or for a time) conditioned by a system of descent that evokes a possible female/male polarity. The abundant and varied funerary furniture (ornaments, tools, arrow frames, etc.) distinguishes some of the deceased: within the same grave, some individuals were adorned and/or accompanied by quivers, while others were devoid of any individual equipment. The dead probably returned to their final burial shortly after death, following the norm adopted in the collective graves of the Late Neolithic of the Paris Basin where the practice of primary burial largely dominates, even if other treatments are marginally attested. The removal of part of the bone heads from Hypogeum II, a predominantly male grave, is perhaps part of an imaginary and identity-based relationship with the past, elevating certain deceased to the status of ancestors or other symbolic metamorphoses. Furthermore, the health status of the two groups reveals similarities, but above all more or less marked divergences. This is the case with the high frequency of traumatic sequelae in Hypogeum II, which has been linked to the exploitation of the environment's resources - the predominance of enthesopathy in the upper limb and certain locations of appendicular arthrosis point in the same direction - and, possibly, to mining activity. This disparity between the two burial groups would indicate a differentiated organisation, even a division by sex. Hypogeum I at Mont-Aimé yielded one of the oldest human specimens currently recorded of inflammatory rheumatism of the spondyloarthritis group. The emergence of this type of disease and other palaeopathological characteristics (oral health, enthesopathies, etc.) measure the distance of the Mont-Aimé individuals from the hunter-gatherer groups of the Mesolithic. They belong distinctly to a stage of the Neolithic marked by full sedentarisation and the intensification of the production economy.
Le Néolithique inaugure un changement de mode de vie et de subsistance des populations humaines, marqué par une transition sociale, économique, démographique et épidémiologique majeure. Cet essai porte sur l’identité culturelle et l’état sanitaire de groupes humains engagés depuis près de deux millénaires dans le processus de Néolithisation de l’Europe occidentale, à un moment où, parmi d’autres changements, s’impose massivement l’usage des sépultures collectives. En France, sur la marge orientale du Bassin parisien, le groupe des quelques 150 hypogées de la Marne, auquel appartiennent les tombes du Mont-Aimé, illustre parfaitement ce phénomène. Les hypogées I et II du Mont-Aimé (Val-des-Marais, Marne) représentent les plus anciennes manifestations de ce genre funéraire dans le Bassin parisien, où les sépultures collectives ont connu un essor considérable au cours du Néolithique récent (3500-2900 cal BC). L’ancienneté des deux tombes remonte au second quart du IVe millénaire avant notre ère, qui marque la transition entre la fin du Néolithique moyen et le début du Néolithique récent dans le Centre Nord de la France. L’utilisation des tombes a pu se prolonger jusqu’à l’orée du IIIe millénaire. Chaque hypogée rassemblait les restes de près de 60 individus. Le recrutement de chacune des tombes du Mont-Aimé, qui diffère par la composition par âge et sexe des groupes inhumés, a pu être en partie (ou un temps) conditionné par un système de descendance qui évoque une possible polarité féminin/masculin. Abondant et varié, le mobilier funéraire (objets d’ornementation, outils, armatures de flèches, etc.) distingue quelques défunts : à l’intérieur d’une même tombe certains individus étaient parés et/ou accompagnés de carquois, tandis que d’autres étaient dépourvus de tout équipement individuel. Les morts ont sans doute rejoint leur sépulture définitive peu de temps après le décès, suivant en cela la norme adoptée dans les tombes collectives du Néolithique récent du Bassin parisien où la pratique de la sépulture primaire domine largement, même si d’autres traitements sont marginalement attestés. Le prélèvement d’une partie des têtes osseuses de l’hypogée II, tombe à dominante masculine, s’inscrit peut-être dans un rapport imaginaire et identitaire au passé élevant certains défunts au statut d’ancêtres ou autres métamorphoses symboliques. Par ailleurs, l’état sanitaire des deux groupes révèle des ressemblances, mais surtout des divergences plus ou moins marquées. Il en est ainsi de la fréquence élevée des séquelles d’origine traumatique dans l’hypogée II, qui a été mise en relation avec l’exploitation des ressources du milieu – la prédominance des enthésopathies au membre supérieur et certaines localisations d’arthrose appendiculaire vont dans le même sens – et, possiblement, l’activité minière. Cette disparité entre les deux groupes inhumés témoignerait d’une organisation différenciée, voire d’une division par sexes. L’hypogée I du Mont-Aimé a livré l’un des plus anciens spécimens humains actuellement répertoriés de rhumatisme inflammatoire du groupe des spondyloarthrites. L’émergence de ce type de maladie et les autres caractéristiques paléopathologiques (état de santé bucco-dentaire, enthésopathies, etc.) mesurent l’éloignement des individus du Mont-Aimé d’avec les groupes de chasseurs-collecteurs du Mésolithique. Ils appartiennent distinctement à une étape du Néolithique marquée par la pleine sédentarisation et l’intensification de l’économie de production.
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Dates and versions

tel-03173749 , version 1 (18-03-2021)

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  • HAL Id : tel-03173749 , version 1

Cite

Richard Donat. Société, environnement et état sanitaire au Néolithique récent. Les groupes humains des hypogées I et II du Mont-Aimé (Val-des-Marais, Marne). Archéologie et Préhistoire. Université Toulouse 3 Paul Sabatier (UT3 Paul Sabatier), 2020. Français. ⟨NNT : ⟩. ⟨tel-03173749⟩
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