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Hauts-de-France, Nord, Lille, rue Malpart, rue Lydéric et place Gentil Muiron : rapport de diagnostic

Résumé : Les sondages réalisés mettent en évidence une occupation continue de la parcelle à partir de la fin du XIIe - début de XIIIe siècle. La première phase s’établit entre la fin du XIIe siècle ou le début du XIIIe et le XIVe siècle et correspond à l’occupation précédant la fondation de l’hospice en 1460. Les niveaux archéologiques de cette première phase sont présents dans l’ensemble des sondages. Ils sont en général assez bien conservés. Ces vestiges permettent d’avoir des indications sur l’organisation de l’îlot urbain dans son ensemble, et ouvrent de nombreuses interrogations. Ils se composent de niveaux de rue appartenant à la rue du Bois Saint-Sauveur (supprimée en 1960) et de niveaux d’habitats et de jardins dans la partie haute. Dans la partie basse, des niveaux d’épandages et de remblais scellent de larges fosses au comblement organique et phosphaté. Deux fossés bordant les limites de l’îlot médiéval sont mis en place au moins au cours du XIIIe siècle. À l’intérieur de l’îlot, le fossé 1240 définit une limite parcellaire qui semble se maintenir dans les phases d’habitat postérieures. Il est probable qu’une zone d’habitat se mette en place en front de rue du côté de la rue du Bois Saint-Sauveur dès le début du XIIIe siècle. Bien que cet habitat n’ait été mis au jour clairement que dans le sondage 4, la multiplication des fosses de rejets domestiques de la même période dans la tranchée 3 laisse présager une occupation plus dense que celle perçue dans ce seul sondage. Ces fosses pourrait offrir par ailleurs des ensembles clos permettant une approche fine de la culture matérielle. La rue du Bois Saint-Sauveur qui desservait ces habitations est d’une grande qualité pour la période et compte tenu de sa situation. Il s’agit en effet d’une voie secondaire à la rue des Malades (actuellement rue de Paris). En contrebas des habitats et de leurs jardins, on trouve de larges fosses quadrangulaires comblées par un sédiment phosphaté, des niveaux de jardins non bioturbés et également phosphatés, ainsi que des rejets de forges dans le fossé 1029. Ces éléments sont autant d’indices d’une activité non définie (artisanat ?) qui longerait la rue Malpart et l’emplacement supposé des terreaux de la muraille médiévale. L’ensemble donne l’impression d’une répartition bien différencié des activités et de l’habitat entre le côté rue du Bois Saint-Sauveur et le côté rue Malpart. Si les limites nord et sud de la parcelle semblent claires, la limite ouest vers la terrée du rempart médiéval n’a pas été mise en évidence dans le cadre du diagnostic. La position même de ce rempart est difficile à évaluer. La présence du fossé 1029 en tranchée 1 repousse le départ d’une éventuelle levée de terre au moins sous la rampe d’accès du chantier, zone inaccessible au moment de l’opération. La seconde phase commence à la fondation de l’hospice Gantois et couvre le XVIe siècle. La fondation de l’hospice Gantois en lieu et place de la cense de Georges de Bruges en 1460 marque un tournant important dans l’occupation des lieux. En transformant les terrains en jardins et cimetière, l’hospice arrête la densification de la parcelle. L’étude céramique montre un hiatus chronologique pour le XVe siècle, peut-être lié à l’installation de l’hospice. Dans la zone basse, côté rue Malpart, le cimetière des chartriers est installé. Bien que le cimetière n’ait été dégagé que sur 44 m², il est probable qu’il soit plus étendu. Lors de la fouille de l’hospice Gantois en 2002, deux sépultures avaient été retrouvées sur l’emplacement de l’extension de l’hôtel. Il est donc possible que des sépultures se trouvent également conservées entre la clôture de l’hôtel Gantois et le sous-sol de la maternité. La zone découverte montre quant à elle un cimetière dense avec de fréquents recoupements. Celui-ci nous permet d’appréhender la population hébergée par l’hospice. Si les statuts de 1467 désigne une population mixte, pauvre et âgée, les sépultures testées dans ce cimetière montrent des individus, certes âgés, mais avec des pathologies visibles aux yeux de leurs contemporains. L’étude biologique de cette population complétée par une étude d’archives pourrait apporter des éléments significatifs sur les conditions de vie et sur la prise en charge de cette population dans la société médiévale et moderne. Durant cette seconde phase, des maisons de louage construites sur le côté nord maintiennent une occupation uniquement en front de rue et la rue du Bois Saint-Sauveur continue d’être entretenue régulièrement. Vers l’ouest, les vestiges découverts ne permettent pas d’établir la limite de l’îlot. La dernière large phase couvre la période allant du XVIIe siècle au XXe siècle et est marqué par la construction du rempart moderne, modifié par Vauban et son démantèlement. De nombreux changements interviennent alors sur la bordure ouest de l’emprise qui sont dus à l’évolution de la muraille. Les vestiges de cette phase se concentrent dans la partie basse du terrain. Dans la zone haute, les terrains toujours contenus dans l’enclos de l’hospice, sont préservés de la densification du quartier pendant le XIXe siècle. Le rempart moderne mis au jour, qui pourrait être celui de l’extension de 1603 est très altéré. Toutefois, son tracé rentrant ne trouve pas de solution de continuité dans la tranchée 1, la question de son lien avec la fortification du bas Moyen Âge reste donc ouverte.
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https://hal-inrap.archives-ouvertes.fr/hal-02443633
Contributor : Vaiana Vincent <>
Submitted on : Friday, January 17, 2020 - 12:03:58 PM
Last modification on : Thursday, April 2, 2020 - 3:18:05 PM

Identifiers

  • HAL Id : hal-02443633, version 1

Citation

Virginie Decoupigny, Claire Barbet, Christine Cercy, Yves Créteur, Rudy Debiak, et al.. Hauts-de-France, Nord, Lille, rue Malpart, rue Lydéric et place Gentil Muiron : rapport de diagnostic. [Rapport de recherche] Inrap Hauts-de-France. 2016. ⟨hal-02443633⟩

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