Cartes de formations superficielles et de potentiel archéologique : exemples dans le nord de la France.

Résumé : L'archéologie et la géologie entretiennent des liens étroits. Outre une démarche stratigraphique commune, l'archéologue doit connaître l'histoire paléoen vironnementale et le cadre géologique de la région pour appréhender la taphonomie des vestiges et les interactions entre les sociétés passées et leur environnement. L'ensemble des données (stratigraphiques, morphologiques, hydrographiques, chronologiques…) peuvent être compilées sous la forme d'une carte des formations géologiques superficielles. Une telle représentation est le reflet d'un état des connaissances et de choix effectués par les auteurs. Nous présentons deux exemples de réalisation d'une cartographie des formations superficielles à grande échelle : sur une petite région (Lille) et sur une opération (Dourges) avec une démarche spécifique de collecte de données préalablement au diagnostic. Celle-ci a permis, à peu de frais, d'optimiser les sondages archéologiques. Nous présentons enfin un exemple de collecte de données stratigraphiques susceptible de constituer la base d'une cartographie régionale (gazoduc Scarpe). La carte des formations superficielles peut être utilisée comme une carte du potentiel archéologique par le biais de modèles, d'étude statistique ou d'une estimation empirique du potentiel d'une unité stratigraphique. Cette utilisation trouve très vite ses limites en raison d'un effet d'échelle et du cumul de simplifications et d'approximations. Elle permet toutefois d'orienter la recherche, de poser les problématiques et, à terme, de rectifier et d'améliorer la cartographie. À notre avis, un soin particulier doit être apporté non seulement à la carte (représenta-tion subjective d'un état de la recherche), mais surtout à la constitution d'une base de données géoréférencées qui compile les informations brutes et non interprétées, ce qui garantit une pérennité et la possibilité d'une transmission à long terme. 1 Le lien entre géologie et archéologie 1.1 L'étude du passé : un paradoxe ? L'étude du passé est paradoxale puisque son objet n'existe plus. Il s'agit donc d'une reconstitution ou d'une reconstruction intellectuelle qui cherche à être la plus fidèle possible mais dont le seul élément concret est l'archive, la trace qui perdure, l'héritage de temps à jamais révolus… Au-delà de la très courte et faillible mémoire humaine, l'étude des sociétés passées est le travail de l'historien (qui utilise les traces écrites, iconographiques, voire audiovisuelles) et de l'archéologue (qui étudie les vestiges matériels mais aussi toutes les traces laissées par l'homme). 1.2 La double influence de la géologie sur l'archéologie La présence et la nature des vestiges matériels, qu'ils soient objets ou traces fugaces, sont doublement influencées par la géologie. D'une part parce que la présence et les activités humaines sont rendues possibles par l'environnement physique et dépendent en partie de lui, d'autre part parce que la conservation et la non-conservation des vestiges et des traces humaines (leur taphonomie) dépendent des processus géologiques (en particulier érosion/sédimentation) contemporains et postérieurs [fig. 1].
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https://hal-inrap.archives-ouvertes.fr/hal-02062844
Contributor : Laurent Deschodt <>
Submitted on : Friday, March 15, 2019 - 3:54:33 PM
Last modification on : Friday, October 4, 2019 - 1:24:59 AM

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  • HAL Id : hal-02062844, version 1

Citation

Laurent Deschodt, Laurent Sauvage. Cartes de formations superficielles et de potentiel archéologique : exemples dans le nord de la France.. Anne Speller; Gilles Bellan; Didier Duban. La Géoarchéologie appliquée au diagnostic des sites du Néolithique à nos jours : Actes du séminaire des 22 et 23 mai 2006, pp.10-25, 2008, Les Cahiers de l'Inrap, 978-2-915816-11-2. ⟨hal-02062844⟩

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