Fortifier la ville à la fin du Moyen-Age : l'accrue St Aignan : Loiret, Orléans, La Motte Sanguin, lot 3 nord : rapport de fouille.

Résumé : La fouille de la Motte Sanguin à Orléans s'est déroulée préalablement à la construction d'un hôtel-résidence de tourisme et d'un parking souterrain sous-jacent. L'opération est située à l'angle sud-est du cœur de ville d'Orléans, à cent mètres environ du lit actuel de la Loire et à flanc de coteaux. Elle fait suite au diagnostic de S. Jesset (avril 2005) qui a notamment mis au jour les vestiges du système défensif construit à la fin du XVe s. et modernisé au début du XVIe s. Les vestiges de l'Antiquité sont très peu présents dans l'emprise ouverte à la fouille. Ceci est la conséquence directe des bouleversements importants qu'à subi le secteur avec la construction des fortifications médiévales et modernes. On notera tout d'abord des travaux de nivellements assez conséquents. Le substrat a été mis à nu avant d'être remblayé sur plus d'un mètre d'épaisseur par des apports de grave calcaire dans l'objectif d'une mise en terrasses du flanc du coteau, dans la première moitié du Ier s. Quelques indices tendraient à voir dans les niveaux d'occupations préservé-avec toutes les réserves qui s'imposent - un espace extérieur. La présence d'un habitat est cependant fortement soupçonnée. Quelques vestiges antérieurs à l'établissement du système défensif sont présents au nord-est de la zone. II s'agit d'une série de fosses ou creusements à la taille imposante, que la rareté de mobilier céramique ne permet pas de dater avec précision. La plus importante est assimilée à une carrière de marne calcaire. Les vestiges du système défensif construit au XVe s. ont été mis au jour. II s'agit d'une part d'un tronçon de courtine, entre les tours de l'Etoile au nord et de la Brebis au sud, ainsi que du fossé attenant. Dans la première moitié du XVIe s, un ensemble de modifications et d'améliorations sont apportées au système défensif. En premier lieu, une terrasse d'artillerie ou fausse braie est construite au pied de la courtine. En parallèle, le fossé est recreusé. C'est probablement à ce programme architectural qu'il faut rattacher la construction du fort de la Brebis, localisé plus au sud à l'extérieur de l'emprise de fouille. Enfin, c'est au même moment qu'est édifiée intra-muros et à l'emplacement d'anciennes habitations, la fameuse « motte », cavalier constitué des terres issues de l'élargissement du fossé. C'est donc l'ensemble du système défensif qui est revu à cette occasion. Ces travaux sont rendu nécessaires par l'archaïsme de l'enceinte à une époque ou l'adaptation des fortifications à l'artillerie s'est largement répandue. Après les deux sièges qu'a subi la ville lors des guerres de religion en 1562 et 1567, les fortifications perdent rapidement leur utilité et sont en partie détruites à la fin du XVIIIe s. C'est donc sur un vaste terrain démilitarisé qu'est transférée dans les années 1790-1793 une manufacture de coton située jusque-là en ville et dont certains vestiges ont été mis au jour. Enfin, c'est à une minoterie attestée par les sources au milieu du XIXe s. que doit être rattachée une construction dégagée à l'est de la fouille, présentant une mise en œuvre singulière. Après 1860, les terrains sont un temps la propriété des hospices d'Orléans avant qu'une école d'artillerie n'y soit installée en 1874.
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Contributor : Grégory Vacassy <>
Submitted on : Tuesday, February 5, 2019 - 4:15:07 PM
Last modification on : Thursday, July 18, 2019 - 4:04:02 PM

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  • HAL Id : hal-02008356, version 1

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Grégory Vacassy, Marie-Pierre Chambon, Céline Coussot, Carole Lallet, Sébastien Millet, et al.. Fortifier la ville à la fin du Moyen-Age : l'accrue St Aignan : Loiret, Orléans, La Motte Sanguin, lot 3 nord : rapport de fouille.. [Rapport de recherche] Inrap. 2012. ⟨hal-02008356⟩

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