Eure-et-Loir, Alluyes, "La pierre Aigue", rapport de diagnostic

Résumé : Le diagnostic archéologique, réalisé en préalable au projet d’extension d’une carrière au lieu-dit « la Pierre Aigüe » à Alluyes (28), a permis de confirmer la présence de nombreuses occupations supposées ou attestées sur les parcelles concernées par le projet dont la surface avoisine 15 ha. En effet, il a révélé un témoin de la fréquentation du site dès le Paléolithique moyen avec la découverte d’un biface moustérien de tradition acheuléenne. En outre, ce diagnostic à mis au jour une occupation dense du Néolithique ancien. La chronologie peut être précisée par le mobilier céramique, attribué au Blicquy-Villeneuve-Saint-Germain (B-VSG). L’occupation apparait diffuse et dispersée sur les ¾ sud-ouest de l’emprise. Des concentrations de mobilier plus ou moins conséquentes se dessinent néanmoins. La plus importante est située dans l’angle sud-ouest de l’emprise, elle est constituée des « locus » A et B qui semble participer à un même ensemble. Certains caractères de l’industrie lithique laissent penser qu’il s’agit d’une zone de rejet de déchets de taille et d’outillage expédient. Il convient ici de rappeler que l’étude géomorphologique met en évidence un niveau conservant un horizon Bt, peut-être un horizon A. En l’état, il est fort probable que la zone constituée des « locus » A et B, et qui semble se développer à l’est, peut correspondre à une aire ouverte proche d’un espace dévolu à des pratiques ayant recours à la taille de silex. Sur le reste de l’emprise, les concentrations de mobilier paraissent plus circonscrites et sont surtout moins important numériquement (« locus » C, C’, et F). Ces trois secteurs présentent des caractères de type domestique. L’état de conservation du site parait remarquable s’il s’avère que sur l’ensemble des concentrations le sol du Néolithique ancien soit conservé, et bonne s’il ne s’agit que de la partie supérieure des structures en creux. Il faut toutefois préciser qu’il est certain que le sol en question n’a pas été conservé sur l’intégralité du site. L’occupation du site est attestée pour le Néolithique moyen. Un tesson garanti avec assurance une présence concrète à cette période sur l’emprise. Aucune industrie lithique n’a pu être associée à cette période. Six « fosses de combustion à galet de comblement » ont été identifiées qui sont traditionnellement rattachées à cette période. La supposée structure de type « Passy », révélé par les campagnes de prospection aériennes, a été mise au jour. En plus des fossés latéraux, un probable système de partition interne, si ce n’est des fondations, ainsi qu’un possible niveau d’abandon ou de destruction, ont été enregistrés. Elle n’a pas fait l’objet de sondage et sa datation reste à confirmer. Enfin, un hypothétique polissoir a été mis au jour, qui peut être attribué, avec réserve, à cette période. L’occupation du site au Néolithique récent est aussi attestée même si elle est exclusivement représentée par le mobilier. Le mobilier céramique recueilli forme spatialement deux petits groupes qui peuvent être les reliquats de fosses arasées. L’un des deux groupes est situé dans le « locus » E. Ce dernier s’étale sur trois tranchées. La distribution des pièces lithiques est lâche, seul un petit regroupement laisse envisager une structure en creux possible et dont les limites ne seraient pas perceptibles. Il est envisageable que sur une partie du « locus » E le sol soit conservé. L’occupation du site à l’âge du Bronze ancien ou moyen ne présente non de caractères propres aux occupations de type funéraire. La présence d’un lot de tessons situé à proximité du « locus » C invite à la même réflexion que pour la période précédente. Nous pourrions avoir par endroit la présence de sol. Six monuments appartenant à la nécropole dite protohistorique et relevés par des clichés issus des prospections aériennes ont été reconnus. D’autres structures mises au jour font très probablement parties de cet ensemble funéraire. Un puits, des trous de poteau, un four, deux zones dévolues à l’extraction de limon, et une zone de chablis sont attribuables à l’une des occupations mentionnées ci-dessus sans pouvoir garantir une chronologie précise. Les vestiges de la période romaine se composent, outre un tronçon du bief déjà observé en amont et en aval, d’un réseau de fossés parcellaires mal conservé, et d’une fosse contenant les restes d’un bovidé en connexion dont le creusement recoupe un fossé d’enclos d’un probable monument funéraire. Il apparait que l’ensemble de l’emprise soit dévolu aux activités agro-pastorales. Des fondations d’un bâtiment à parois déjetés, un probable four très arasé, deux structures en lien avec les pratiques du feu, deux probables petites fosses d’extraction, et une petite structure composée vraisemblablement d’une fosse et d’un trou de poteau, ainsi qu’un niveau de limon contenant des fragments de terre crue rubéfie dont la nature reste à préciser, et des trous de poteau dispersés sur l’emprise viennent compléter l’image que l’on peut avoir de l’occupation du site même si leur attribution chronologique n’est pas claire. Enfin, ce diagnostic a permis de mettre au jour 26 poches limoneuses, de dimensions variables, sur la terrasse alluviale qui peuvent potentiellement contenir des restes de sol holocène ou être des faits archéologiques. Une dernière mention sera faite sur la couche de colluvions présente par endroit sous l’horizon de labour dont la mise en place s’est réalisée au plus tôt à la fin du IIIème s. de n. ère, qui scelle les structures antérieures.
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https://hal-inrap.archives-ouvertes.fr/hal-01773774
Contributor : Sébastien Lécuyer <>
Submitted on : Monday, April 23, 2018 - 10:35:20 AM
Last modification on : Monday, March 11, 2019 - 6:02:14 PM

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  • HAL Id : hal-01773774, version 1

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Citation

Sébastien Lécuyer, Marie-Pierre Chambon, Céline Coussot, Sandrine Deschamps, Eric Frénée, et al.. Eure-et-Loir, Alluyes, "La pierre Aigue", rapport de diagnostic. [Rapport de recherche] http://dolia.inrap.fr/flora/ark:/12345/0130501, Inrap Centre - Ile-de-France. 2014. ⟨hal-01773774⟩

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