Sant-Appianu : Corse-du-Sud (2A), Vico, Santa Piana : Rapport de diagnostic

Résumé : Ce diagnostic archéologique a été effectué à proximité de la butte de Sant’Appianu connue pour son établissement paléochrétien élevé au rang de cathédrale peu avant 591. Le site sera ensuite fréquenté durant tout le Moyen Âge. Le secteur diagnostiqué de trois parties distinctes : une partie basse, à l’abrupte assez marquée, qui surplombe les berges des ruisseaux ; une partie médiane caractérisée par deux terrasses artificielles créées il y a plus d’une trentaine d’années pour la construction d’immeubles ; une partie haute, extrémité est du sommet de la butte, recouverte d’un épais maquis. La présence d’une occupation antique se situe sur la partie basse du flanc de coteau. La pointe sud, en front de mer (révélé par les fouilles de 1980), comporte les restes d’un bâtiment antique assez bien conservé, présentant un état d’élévation en pierre plus important que sur la partie est et donc une stratigraphie plus dilatée. Il n’est pas improbable que cette partie sud, face à la mer, soit la partie plus résidentielle du complexe expertisé et donc ayant été réalisée dans des matériaux moins périssables. Le diagnostic sur la partie est, a permis de localiser la suite du bâtiment antique. Hormis les murs porteurs à la transition des terrasses, il ne reste des murs que la première assise en pierre, parfois même simplement le calage d’une sablière, base d’une simple cloison. La présence d'une couche d’argile, après abandon, issue vraisemblablement des élévations en terre, confirme que ces murs étaient essentiellement en matériaux dits périssables. Le corps de ce bâtiment apparait donc comme une suite de pièces ou de corridors dont la vocation serait celle réservée à des bâtiments de type entrepôts ou commerciaux. Ce contexte est sans doute à mettre en relation avec la zone de fosses (plantation, stockage) repérée en contrebas et au nord, sur la berge du ruisseau. Une entrée au bâtiment, est peut-être soulignée par la base d’un socle appartenant à un portique ou un porche, du coté est du site. L’essentiel du bâti a connu deux phases de réaménagement, toutes deux clôturées par un épisode de type incendie. L’extrémité de la pointe nord, n’a pas pu être correctement diagnostiquée, car les vestiges potentiels, dans la continuité de la zone des fosses, sont profondément enfouis sous le remblai contemporain de la rampe d’accès au site. Ce complexe antique semble lié au commerce maritime. L’hypothèse est renforcée par deux indices : d’une part l’essentiel des culs d’amphore comportent les stigmates d’un séjour prolongé en milieu aquatique (fond de cale par exemple) et d’autre part les gros galets de schiste retrouvés dans les fondations pouvaient être initialement utilisés comme ballaste sur les embarcations. Ce schiste n’est en tout cas pas originaire du contexte local. L’exploitation du mobilier archéologique retrouvé dans cette partie basse du site, en connexion avec les premiers sols et structures permet d’envisager une installation du site vers la fin du Ier siècle de notre ère et courant IIe siècle de notre ère. Les éléments retrouvés dans les couches issues de l’effondrement des toitures et des murs intègrent des éléments du IIIe siècle de notre ère. Le site a toutefois pu être partiellement réoccupé à l’antiquité tardive, puisque du mobilier des IVe début Ve s. a été retrouvé dans le remblai des fosses. Sur la partie médiane du site, les terrassements récents ont entaillé le substratum et ont donc arasé toutes les traces d’occupation archéologique. Les tranchées de la partie haute du site ont permis d’expertiser des sépultures regroupées, le long de la limite ouest de la parcelle, soit sur le replat sommital. Toutes les parties pentues n’ont pas délivré de sépultures. Il s’agit de tombes de l’extrémité orientale d’une nécropole qui se développe plus à l’ouest sur le sommet de la butte. La densité des sépultures diagnostiquées reste assez lâche (une quinzaine de tombes pour 100m²). Ces tombes encaissées dans le substrat sont très proches de la surface. Leur orientation N/S et E/O épouse perpendiculairement l’axe de la pente. Elles sont soit en bâtière, soit en amphore et sont en place, non remaniées. Dans la plus part des cas il y a absence d’ossement, très certainement due au milieu très acide. L’exploitation du mobilier retrouvé dans cette partie haute du site, permet de situer cette nécropole dans un contexte d’antiquité très tardive aux alentours du Ve siècle.
Type de document :
Rapport
[Rapport Technique] D030282, Inrap. 2016, 102 p
Liste complète des métadonnées

https://hal-inrap.archives-ouvertes.fr/hal-01504994
Contributeur : Maxime Seguin <>
Soumis le : lundi 10 avril 2017 - 17:21:39
Dernière modification le : jeudi 18 janvier 2018 - 02:27:42

Identifiants

  • HAL Id : hal-01504994, version 1

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Citation

Llopis Eric, Philippe Ecart, Josselyne Guerre, Daniel Istria, Maxime Seguin. Sant-Appianu : Corse-du-Sud (2A), Vico, Santa Piana : Rapport de diagnostic. [Rapport Technique] D030282, Inrap. 2016, 102 p. 〈hal-01504994〉

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