Santa Maria di Riscamone : Corse, Haute-Corse (2B), Valle-di-Rostino : Rapport de diagnostic

Résumé : Le site de Santa Maria di Riscamone est un des sites majeur notable, témoignant de la christianisation précoce du territoire corse. Au milieu du XXe s. on pouvait y voir une église romane datée alors du XIIe s. associée à un baptistère monumental de facture très différente, daté du XIIIe s. Des fouilles réalisées entre les années 50 et le début des années 80 par Mme Morrachini-Mazel et son équipe, puis par Philippe Pergola, ont permis d’élargir ce potentiel médiéval aux périodes plus anciennes : les vestiges d’un baptistère paléochrétien, à piscine cruciforme, pris dans une construction à chevet semi circulaire accolé à l’église déjà connue, sont apparus alors. En outre, une magnifique mosaïque polychrome occupant l’espace interne de l’église a été dégagée. Des travaux plus récents réalisés par Jean-Pierre Mannoni (Mannoni 2007), dans le périmètre proche de cet ensemble, ont fait apparaître des constructions plus anciennes encore, appartenant à l’Antiquité tardive (IIIe s.), dont le lien avec des pratiques cultuelles n’a pu être établi de manière certaine. Depuis les années 1980, une partie des vestiges, notamment le tapis de mosaïques ornant l’intérieur de l’église, a été recouverte d’un remblai de protection qui a rempli parfaitement son rôle mais a, durant ces 35 dernières années, occulté les vestiges. Le baptistère paléochrétien a, quant à lui, été laissé à l’air libre après une campagne de consolidation et remise en état. Malheureusement, le temps ainsi que l’absence de grillage de protection ont favorisé une dégradation sérieuse du bâti : le piétinement des animaux laissé à paître en toute liberté, l’action des pluies sur ces terrains fragiles, et le soleil qui a détruit la couverture de plastique destinée à protéger la piscine baptismale, ont entraîné une détérioration importante des constructions. Le mur du bâtiment enserrant la piscine a perdu une partie de son élévation et celle-ci se trouve à l’heure actuelle dans un état bien pire qu’au moment de sa découverte. Un projet de remise en état du site, de valorisation du potentiel archéologique et d’aménagement des abords afin d’en faciliter l’accès, a été requis. C’est dans ce cadre et afin de répondre aux attentes locales que cette opération a été engagée. Ce diagnostic a consisté : - à sonder les abords de l’église et du baptistère afin d’observer la complexité des occupations successives ainsi que leur nature, de reconnaître les étapes d’occupation déjà connues et de tenter d’en étendre les observations ; - à sonder l’intérieur de l’église romane afin de faire apparaître une partie de la mosaïque et d’apprécier son état de conservation, de retrouver les sondages anciens, et permettre une relecture de la complexité des stratigraphies ; - à réaliser une photogrammétrie des parements intérieurs et extérieurs tant de l’église que du baptistère XIIIe s., prélude à une étude du bâti destinée à décrypter la complexité des constructions successives ; - à dresser l’état de conservation du bâti en élévation ainsi que des partie mises au jour depuis le début des années 80 (baptistère paléochrétien) ; - enfin, une campagne de photographies aériennes, à l’aide d’un drone, a également été réalisée. Ces approches ont eu pour résultats de noter la parfaite conservation de la mosaïque et de faire apparaître des sections inédites de murs, contemporains de sa réalisation, donc antérieurs à la construction de l’église. Le plan de cette première construction reste cependant inconnu, mais il a pu être démontré que le sol de mosaïque est réutilisé lors la construction de l’église romane. A l’extérieur, les sondages ont permis d’atteindre des niveaux profonds livrant du mobilier antique, en liaison avec un foyer et d’épais niveaux charbonneux. Ces mêmes niveaux charbonneux ont été observés en 2007 par J-P Mannoni, sur la parcelle située immédiatement au nord de l’église. Une datation sur charbons de bois (C14) a été engagée sur ces niveaux permettant de confirmer les datations avancées quant à la mise en place de la mosaïque et du baptistère (fin IVe s). Le mobilier issu de niveaux plus anciens (fourchette chronologique pouvant être proposée, entre la fin du second siècle et le milieu du troisième siècle de notre ère) semble appartenir à une occupation sans aucun lien avec la christianisation du site. Ces occupations n’ont livré aucune inhumation. A l’occasion des différents sondages, d’importants niveaux sépulcraux médiévaux ont été traversés. Il s’agit, pour la plus grande partie de tombes en fosses parementées ou non de pierres, et recouvertes de dalles. La trop faible quantité de mobilier recueilli lors de leur fouille ne permet pas de préciser la date de leur installation.
Type de document :
Rapport
[Rapport Technique] FA08023901, Inrap. 2016, 128 p
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https://hal-inrap.archives-ouvertes.fr/hal-01504960
Contributeur : Maxime Seguin <>
Soumis le : lundi 10 avril 2017 - 16:56:12
Dernière modification le : mardi 9 janvier 2018 - 09:56:07

Identifiants

  • HAL Id : hal-01504960, version 1

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Citation

Michel Piskorz, Agnès Bergeret, Véronique Fabre, Anne Recolin, Maxime Seguin. Santa Maria di Riscamone : Corse, Haute-Corse (2B), Valle-di-Rostino : Rapport de diagnostic. [Rapport Technique] FA08023901, Inrap. 2016, 128 p. 〈hal-01504960〉

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