Tour de Furiani : Corse, Haute-Corse (2B), Furiani, Le Village : Rapport de diagnostic

Résumé : Un diagnostic de bâti a pu être porté sur la tour de Furiani, au nord-est de la Corse et rend compte de plusieurs éléments significatifs. Concernant l’approche historique, le village ne semble pas antérieur au XVe siècle et peut être initialement logé plus bas, comme peut le suggérer le toponyme « a pieve », situé dans la plaine. La commune de Furiani apparaît dans une carte du XVe siècle et qu’une place-forte y siège, contrôlant l’accès de la zone sud de Bastia. C’est là qu’en 1420, Vincentellu d’Istria y vainc les troupes génoises au nom du roi d’Aragon. Et la tour est signalée en 1556, lors de la guerre de Sampiero Corso. Sa position est perchée et stratégique comme point de vue sur la mer et la citadelle de Bastia mais aussi sur la montagne avec le fameux col de Théguime, passage obligé entre l’est et l’ouest de l’île. Et sa configuration s’apparente à un noyau sommital régissant la distribution dans la pente des îlots villageois, noyau dont l’origine seigneuriale peut être posée et dont la tour, dominante et centrale, doit être un signe emblématique... Quant à la tour, on relèvera tout d’abord le caractère non concordant du plan et du volume de la tour : l’analyse de son enveloppe fait ressortir l’évidence d’un troisième niveau, disparu, à partir de l’alignement des trous de boulins à hauteur du couronnement actuel et dont il se dissocie.. Si l’on lui rend un étage, elle s’apparente de façon troublante à une tour-maison comme on en trouve encore dans l’île, notamment celle de Ciocce, dans le village de Pino, Cap-Corse. Ce type de construction relève, en l’état des connaissances, de tours carrées pisanes dont la fonction est d’abord défensive et qui sont édifiées au cours du XVe siècle. Et chaque fois intégrées au cœur du village ou hameau et non sur la ligne littorale à l’instar des tours génoises, ce dont le site de Ciocce rend compte de façon éloquente avec sa tour-maîtresse dans le village et sa tour génoise sur le rebord maritime. La première a trois étages, rythmés par des alignements de trous de boulins marquant sa construction, et est surmontée d’un puissant mâchicoulis. Celui-ci semble obéir à un deuxième temps de construction ainsi que les baies en présence, géminées ou carrées, partageant l’usage de la tuile, non présente dans l’appareil initial. Tel peut être le cas de Furiani, tour carrée et en position à la fois centrale de la zone seigneuriale et sommitale du village perché. En tant que bâtiment, bien des ressemblances apparaissent, à plus forte raison si l’on lui rajoute un niveau et un possible couronnement : la tour rend dès lors compte de sa vrai nature, harmonisant plan et élévation. Les éléments dont on dispose désormais sur sa division interne initiale désignent un rez-de-chaussée comme possible salle à vivre avec cheminée et niche mais sans doute aveugle par sécurité. Et lui attribuent unehauteur de 2,20 m à partir de l’unique sol observé et secondaire, correspondant à la réalité de l’état 2. Reste l’hypothèse d’un aménagement différentiel, avec ou sans séparation répondant à l’émergence du rocher à des hauteurs variées et au décalage ainsi marqué entre le nord-ouest et le sud-est de la pièce. Les meurtrières alignées sur les deux faces initiales confèrent au deuxième niveau une fonction défensive et de surveillance, désignant la salle de garde. Si on cale aisément le plancher par le retrait effectué dans l’appareil, son couvrement a disparu avec la mise en place secondaire de la voûte : en se basant sur le fameux alignement de trous de boulins sommital, on lui restitue une hauteur de 3,40 m sous plafond. Le troisième niveau est-il le logis seigneurial avec les ouvertures conséquentes et qui peut être surmonté d’un couronnement avec ou sans mâchicoulis ? Reste à comprendre la ou les phases de destruction dont la tour a fait les frais. Les quelques anomalies relevées ne suffisent pas à nourrir l’hypothèse de son arasement complet, antérieurement à l’édifice actuel et range l’ensemble comme un seul et même geste, démarquant simplement une fondation d’une élévation. Par contre, les deux faces sud-est et nord-est ont été visiblement partiellement démolies et leur reconstruction voit la mise en place d’une voûte dans la pièce et de meurtrières en batterie en couronnement ainsi que des échauguettes d’angle. Le XVIIIe siècle, associant les combats de l’époque de Paoli, se contente de petites réparations en sommet.
Type de document :
Rapport
[Rapport Technique] FA08017501, Inrap. 2013, 91 p
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Contributeur : Maxime Seguin <>
Soumis le : jeudi 30 mars 2017 - 17:03:56
Dernière modification le : mardi 9 janvier 2018 - 09:56:07

Identifiants

  • HAL Id : hal-01498896, version 1

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Citation

Astrid Huser, Serge Bonnaud, Maxime Seguin, Emilie Tomas. Tour de Furiani : Corse, Haute-Corse (2B), Furiani, Le Village : Rapport de diagnostic. [Rapport Technique] FA08017501, Inrap. 2013, 91 p. 〈hal-01498896〉

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